Des Idées pour la Refondation d’Haïti

Article paru dans Le Nouvelliste du 11 janvier 2013
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=112360

Par Mario Malivert

Depuis le séisme du 12 janvier 2010, un élan d’altruisme a engendré bon nombre de colloques nationaux et internationaux, où des experts, chercheurs, penseurs, et autres ont penché sur l’état de faillite d’Haïti et proposé des idées pour sa refondation. Frantz Jean Baptiste, juriste et expert en relations internationales, a lui aussi des idées, lesquelles il a pris soin de partager avec nous dans son roman d’essai, « Haïti j’Accuse ! », paru en décembre 2011.

Luc Rémy : Cri d’alarme aux élites haïtiennes

Paru dans le Nouvelliste du 9 avril 2013
http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=114957

Par Mario Malivert

Les élites haïtiennes sont souvent pointées du doigt toutes les fois qu’on analyse la situation lamentable d’Haïti[i]. De ces élites sortent les leaders politiques et économiques. La faillite d’Haïti est donc celle de ces hommes et femmes placés au timon des affaires ou à l’avant-garde des foyers économiques du pays. Ils élaborent la vision à poursuivre et veillent à la réalisation de cette vision commune. Le séisme du 12 janvier 2010 a révélé au monde entier les limitations de ces élites, et a poussé Luc Remy à publier en février 2013 son premier livre, « Réflexions stratégiques sur Haïti ».

Pierre Emmanuel : "A mes risques et paroles"


Par Mario Malivert


Espérons qu’ « A mes risques et paroles » ne soit pas le dernier recueil de poèmes de Pierre Emmanuel, comme évoqué dans la quatrième de couverture. Haïti, ainsi que le monde, perdrait trop tôt une voix, un chantre, qui redonne goût au voyage. En fait, « A mes risques et paroles » est dominé par la hantise de la mer. On peut imaginer le poète, calepin en main, se promener sur la plage, ébahi devant le spectacle des voiliers et bateaux, espérant discerner les soupirs de la mer. Cette mer « aux manières douces » qui l’attire et l’interpelle :

J’aimerais être un marin
ne rien attendre de la terre ferme
mon sac de voyage sur le dos
je m’en irais de port en port
(Poèmes d’écumes et de vagues, p. 61)

Destination : Anse-à-Fôleur


Par Mario Malivert


Publié dans le Nouvelliste du 7 février 2013 
Dans « La belle amour humaine », le dernier roman en date de Lyonel Trouillot, malgré la multitude des caractères, les uns plus intéressants que les autres, le protagoniste principal reste Anse-à-Fôleur, une ville ancrée entre le bleu du ciel et le vert de la mer, qui va au rythme des chants et ritournelles glanés sur le blanc du sable, entre le fond des barques et le galbe salé des pêcheurs. Anse-à-Fôleur, cette ville côtière, où palpite cette Belle Amour dont parlait Jacques Stephen Alexis, où les gens vivent « de mer et d’arc-en-ciel », où la laideur humaine s’estompe ou disparait en langues de feu. Loin du tumulte de Port-au-Prince, cette ville enchanteresse marche sur un autre tempo. Autre le passage du temps. Autre l’interconnexion des mondes.

« Eclairs du Désert » d’Edny Saint-Cyr



Par Mario Malivert

Dans « Eclairs du désert », le second recueil de poèmes en date d’Edny Saint-Cyr, après « Haïti au banc des accusés », paru en 2008, l’auteur touche à presque tout. Quelques-uns des premiers poèmes parlent du désert, de sa chaleur et du sable:

La chaleur du désert
consume ma peau
mon teint enfile sa nouvelle jupe

Et le sable
ce sable qui s’étend à l’infini
(Chaleur du désert, p. 11)

Iléus Papillon : Tribòbabò



Par Mario Malivert


Tribòbabò, le premier recueil de poèmes en haïtien d’Iléus Papillon, est un hymne au rêve. Qui d’autre rêve plus et mieux que le poète. N’habite-il pas un univers d’éther, entouré de muses et de nymphes, souffrant, chantant pour tout un peuple? Papillon se réveille avec ses rêves, « Nou lave je-n ak rèv », les pond à tort et à travers, « Nan ponn rèv lanvè landrèt », peine à les circonscrire, « rèv nou pi lou pase tèt nou » ; et propose de les échanger avec nous, « Moun boukante rèv ». Mais que rêve-t-il enfin ? Des rêves de bossu :

Tout rèv mi soupye
Tout rèv granmoun depi nan vant
Rèv mouri nan tèt
Pagen rèv ki pa fonn anba dra
(Rèv bosi, Page 25)

Pierre Moise Célestin, Poète en Temps de Détresse


Par Mario Malivert


Il revient au poète d’exprimer les émotions les plus fortes, d’interpréter le caquet des oracles, ou de déchiffrer les hiéroglyphes des mausolées. Certains prennent des années à creuser des brèches, interroger des gestes, et longer des tunnels aux détours imprévisibles pour saisir le langage des yeux éteints et le pourquoi des cataclysmes. D’autres s’accrochent aux passerelles monotones du présent pour éviter les coins lugubres du passé. Laisser dormir les morts, dirait-on. Tout comme Dany Laferrière avec « Tout bouge autour de moi » (2010, Ed. Mémoire d’encrier), qui a à peine laissé les cendres se refroidir sur Port-au-Prince, Pierre Moise Célestin ne se fait pas prier: il a répondu à sa vocation de chantre à travers son récent recueil de poèmes, « Le Cœur sous les décombres » suivi de « Ce pays à genoux dans ma voix » (2010, Ed. Bas de Page). Il s’est fait “Poète des décombres” qui reprend “la marche du silence/Pour honorer la mémoire/Des victimes.”