Une petite librairie à Echo Evangélique

Echo Evangélique est une station de radio établie depuis 32 ans à Boston, Massachusetts. Comme son nom l’indique, Echo passe surtout des programmes à caractère chrétien. Echo doit sa longue vie grâce au dynamisme de Jonel Dalexis, le PDG de la station, et un groupe de volontaires assidus. Notons aussi le support de nombreux supporters à travers Club Echo et la participation de la communauté de Massachusetts dans les programmes de collecte de fonds de la station, spécialement les pièces de théâtre et autres activités artistiques organisées sous la férule de Frantz Jean Baptiste.

J’ai passé presqu’une journée, aujourd’hui, au local chaleureux de la station, en compagnie de quelques volontaires et supporters, dont la ferveur et l’esprit de service sont remarquables. Cependant, une autre facette d’Echo me saute aux yeux à chaque visite : la librairie d’Echo. Eh oui, Echo n’est pas seulement une station de radio, mais elle est aussi une librairie où l’on peut trouver des CDs évangéliques, des bibles, des manuels de chants, et des livres de tous genres (romans, essais, recueils de poèmes, etc.)
Notons à la librairie d’Echo plusieurs titres de JEBCA Editions, une jeune maison d’édition basée à Boston, dont le PDG, Roosevelt Desronvilles, s’affirme déjà comme l’éditeur haïtien le plus prolifique de la région de Massachusetts.

Nous saluons l’initiative de placer cette libraire au local d’Echo, surtout que nous savons combien les librairies sont rares dans le milieu haïtien, dans la diaspora et même en Haïti. Souvent, c’est toute une gageure de trouver des points de vente de livres haïtiens.
Que vous habitiez ou soyez en visite dans la région de Boston, n’oubliez pas de passer à la librairie Echo pour vous procurer livres ou CDs évangéliques.

Nous souhaitons donc longue vie à la librairie d’Echo Evangélique.


Mario Malivert
Auteur de La tête chauve des mornes (poèmes)

Livres en folie peut-elle être considérée comme notre rentrée littéraire?


La rentrée littéraire 2015 bat son plein en France. Les éditions, de tout acabit, livrent sur le marché du livre près de 600 romans, dont 68 premiers romans, qui sont donc en compétition pour gagner l’attention des lecteurs. Une trentaine de livres seront en liste pour des prix littéraires à partir de novembre. Les éditeurs s’acharnent à propulser leurs auteurs respectifs sur le devant de la scène. Les critiques littéraires piquent et décortiquent les romans proposés. Cette année, je ne crois pas qu’il y a un auteur haïtien dans cette rentrée. L’année dernière (2014), Yanick Lahens a présenté Bain de Lune et gagné plus tard le Prix Femina. Avant, en 2013, Mackenzy Orcel a proposé Les Immortelles. En 2012, Lyonel Trouillot a passé à deux doigts du Goncourt. En 2009, Dany Laferrière allait gagner le prix Médicis avec Enigme du Retour. La rentrée littéraire inclut tous les genres, mais la majorité des livres bénéficiant de recension dans les quotidiens et magazines, et sur les blogs, sont surtout des romans. C’est bien la dictature des romans, comme aimeraient le dire bon nombre de commentateurs.

La rentrée littéraire est avant tout une tradition française. Le Canada s’y mêle aussi, surtout du côté du Québec. Devrions-nous avoir une rentrée littéraire en Haïti ? Livres en folie ne représente-t-elle pas une sorte de rentrée littéraire ? Oui, mais…La rentrée littéraire française fait un tri parmi les publications. Les éditeurs jouent un rôle primordial dans la sélection de leurs meilleurs livres et auteurs. Alors qu’en Livres en folie, les éditions ne filtrent pas les publications. Les livres, bien ou mal écrits, bien ou mal présentés, sont publiés. Les quelques semaines qui précèdent Livres en folie devraient représenter une plateforme pour promouvoir les meilleurs livres. Les quelques recensions publiées dans le Nouvelliste découlent surtout de la relation des auteurs avec les critiques que d’une démarche impartiale. Donc, Livres en folie pourrait représenter notre rentrée littéraire à nous, mais si et seulement si les éditions et les critiques jouent leur partition.
 
Mario Malivert, Auteur de La tête chauve des mornes
 

 

Quel encadrement pour nos aspirants écrivains?


Dans certains pays, un encadrement existe pour le développement des aspirants écrivains. Par exemple, aux Etats-Unis, certains lycées (high school) possèdent une revue dans laquelle les élèves (du cycle secondaire) publient des poèmes et des récits. De même, au niveau collège (faculté/université), presque chaque institution possède un magazine que peuvent utiliser les étudiants intéressés aux belles lettres pour développer leur talent. Ainsi, des milliers de revues sont disponibles aux jeunes auteurs. De plus, plusieurs de ces revues ou magazines offrent des prix littéraires aux auteurs les plus remarquables, ce qui aide à confirmer les vrais talents et à étoffer les notes biographiques.
Avec un pareil accompagnement, existe au pays de l’Oncle Sam toute une pépinière de futurs écrivains, assurant ainsi une relève certaine quand les Philip Roth, Carol Joyce Oates, Edwidge Danticat, Cormac McCarthy, etc. choisiront de prendre leur retraite.

En comparaison, qu’avons-nous en Haïti pour encadrer nos aspirants écrivains ? Quel magazine littéraire dispose le futur Gary Victor, qui est maintenant en 3eme année fondamentale, pour explorer son amour des mots ? Aucun. En fait, même au niveau national, on peut compter du doigt le nombre de revues littéraires publiées régulièrement sur format papier ou même en ligne. Nos jeunes sont donc livrés à eux-mêmes ; certains abandonnent leurs rêves d’écrivain en cours de route, d’autres se résignent à des professions ou occupations pratiques pour s’assurer un gagne-pain. Et ceux qui persévèrent, qui se creusent un parcours malgré vents et marées, méritent tout notre respect.

Mario Malivert, auteur de La tête chauve des mornes

Poésie à bon marché

Par Mario Malivert


Au sortir d’un restaurant près de Gelée, la plage très connue de la ville des Cayes, je fus accosté par un jeune homme à l’air timide, pouvant à peine projeter sa voix. Je m’attendais à une requête du genre, « Est-ce que vous pouvez m’aider à acheter de quoi manger », mais grande fut ma surprise quand il me tendit un livre, disons mieux une brochure, et marmotta : « J’aimerais vous présenter mon livre. » Je feuilletai la brochure—un recueil de poèmes, et parcourut des yeux quelques des poèmes. « C’est à cinquante gourdes seulement,» il ajouta, comme s’il me vendait des mangues. Devant mon air hésitant, il enchaina, « Si vous voulez, je peux déclamer un poème pour vous. » Les choses prirent une allure de plus en plus intéressante. « Oh yeah, exclamai-je, vas-y. » Et il commença par réciter un poème, mais avec de grands gestes. Après quelques vers, je lui fis signe d’arrêter. Je lui tendis 100 gourdes, non seulement pour acheter le livre mais pour lui démontrer que son livre vaut plus que 50 gourdes. Je lui conseillai de se trouver un éditeur pour que ces prochains livres soient publiés et distribués en bonne et due forme.

Notre Eglise et le sous-développement de Sony Lamarre Joseph

Par Mario Malivert


Un grand titre, Notre Eglise et le sous-développement, qui exige l’attention, et qui a bien vendu à la dernière édition de Livres en folie. Enfin une perspective chrétienne au sous-développement ! N’ai-je pas lu quelque part que le christianisme a beaucoup contribué au développement, par les valeurs qu’il prône, telles que l’intégrité et la responsabilité, sur lesquelles repose le système de crédit bancaire ? Mais, peut-être ici, Mr. Sony Lamarre Joseph va démontrer le contraire, que le christianisme, au moins tel que pratiqué en Haïti, débouche davantage sur la paupérisation que sur la création de richesse et de l’amélioration du standard de vie. On a donc hâte de lire les idées de l’auteur sur le rôle de l’Eglise dans le sous-développement. Lui qui s’est taillé une réputation d’expert en communication, peut-être est-il aussi une autorité en matière de développement.

La folie d'écrire


Deux mois déjà depuis Livres en Folie. Pour une quinzaine de jours, les fous du livre ont dominé l’actualité. Des fous, tous ceux qui s’intéressent au livre, dans un temps dominé par les textes en ligne, qu’on tape sur le quadrant lumineux d’une tablette ou d’un portable intelligent. Des fous, tous ceux qui rêvent de devenir Franketienne ou Yanick Lahens, de remporter des prix prestigieux, d’être des invités d’honneur de salons ou de foires de livre. Des fous, tous ceux qui lisent encore…Mais quand même, des fous doux. Car nous ne lançons pas de pierres aux petits larrons du quartier qui nous taquinent à tout bout de champ. Les mots, sous nos yeux dégagent du charme, qui nous subjugue, qui nous donne des lubies de grandeur, comme si les mots sont tout ce qui compte, tout ce qui a de la valeur intrinsèque. Bien qu’autour de nous, nos proches se foutent des mots, enfin ceux qui ne sont pas aussi fous que nous.

Précis d’art oratoire de Chantale Victor Guiteau

Par Mario Malivert



Il y a des livres qu’on lit pour échapper à la réalité du moment, et des livres qu’on lit pour acquérir des connaissances. Le Précis d’art oratoire de Marie Victor Guiteau est du second groupe. Ce livre de 260 pages, présenté aux lecteurs lors de la dernière édition de Livres en folie, est un livre que les acheteurs et lecteurs doivent lire, même s’ils ne sont pas des professionnels de la prise de parole (journalistes de radio ou de TV, pasteurs ou prédicateurs, enseignants et conférenciers, et politiciens). Car, qui sait quand on aura à prendre la parole en public, faire un discours, ou présenter un toast ? Surtout que, même dans la vie courante, la nécessité de la prise de parole est constante, que ce soit pour une simple conversation, une explication banale, ou une blague. Combien de fois, égaré sur une route peu connue, revient-on exaspéré après avoir sollicité l’aide d’un passant, qui ne peut pas clairement vous indiquer la bonne direction. Donc, l’art oratoire, la faculté de communiquer entre nous ou en public, est un must.