Dans L’Immigrante, son premier roman, Antony Fortunat nous présente
Liliane, une jeune femme élégante « qui possède toutes les armes de la séduction »,
mais dont la vie devient compliquée suite à une grossesse précoce. Dans
l’obligation de gagner sa vie, pour prendre soin de son enfant, Liliane endure
un boulot de ménagère dans une maison située dans une banlieue de la capitale.
Là, un matin, suite à la cassure d’un vase en porcelaine, Marie Joe, sa patronne,
pète les plombs et traite Lilianne de tous les noms. Au lieu d’encaisser les invectives
de son employeuse, Liliane riposte véhémentement, tout en défendant sa dignité.
En fin de compte, vexée par les propos dédaigneux de Marie Joe, Liliane prend la
lourde décision de rendre son tablier. Par chance, peu de temps après, elle se
voit offrir un voyage clandestin vers la Floride, à bord d’une embarcation de
fortune. Durant le voyage, malgré les conditions précaires de la traversée,
Liliane trouve le temps et l’espace de forger avec Laurent, un jeune homme idéaliste,
une amitié porteuse de promesses pour l’avenir.L’Immigrante d’Antony Fortunat
Dans L’Immigrante, son premier roman, Antony Fortunat nous présente
Liliane, une jeune femme élégante « qui possède toutes les armes de la séduction »,
mais dont la vie devient compliquée suite à une grossesse précoce. Dans
l’obligation de gagner sa vie, pour prendre soin de son enfant, Liliane endure
un boulot de ménagère dans une maison située dans une banlieue de la capitale.
Là, un matin, suite à la cassure d’un vase en porcelaine, Marie Joe, sa patronne,
pète les plombs et traite Lilianne de tous les noms. Au lieu d’encaisser les invectives
de son employeuse, Liliane riposte véhémentement, tout en défendant sa dignité.
En fin de compte, vexée par les propos dédaigneux de Marie Joe, Liliane prend la
lourde décision de rendre son tablier. Par chance, peu de temps après, elle se
voit offrir un voyage clandestin vers la Floride, à bord d’une embarcation de
fortune. Durant le voyage, malgré les conditions précaires de la traversée,
Liliane trouve le temps et l’espace de forger avec Laurent, un jeune homme idéaliste,
une amitié porteuse de promesses pour l’avenir.Kannjawou de Lyonel Trouillot
Le pays qu’on chérit n’existe plus, bien qu’on continue à chanter Haïti Chérie. Les nantis se barricadent encore plus dans les hauteurs qu’avant les années tumultueuses de l’expérience démocratique. La classe moyenne émigre en masse vers les métropoles du Nord ou marche à reculons vers les bidonvilles. Les jeunes des zones de non-droit se retrouvent piégés entre la mendicité et la délinquance. L’économie n’est soutenue que par les dollars en provenance de la diaspora. L’éducation n’est plus cette échelle qui permet de grimper d’une classe à l’autre. Seule la politique garantit une fortune rapide et une pension sûre, et tout un beau monde en prend le chemin, à tort ou à raison.
Lyonel
Trouillot, dans son rôle d’écrivain engagé, a commenté en long et en large des
maux du pays, dans ses romans, dans ses essais, et dans ses articles de journaux.
Dans Kannjawou, son dernier roman en date, il continue dans la même foulée, par
le biais d’un jeune narrateur qui, dans son journal, navigue entre la rue de
l’Enterrement, les livres, et un bar où se rencontrent des ressortissants
étrangers.
Le
livre est axé sur les occupations étrangères qu’a connues le pays, et sur Man
Jeanne, une sorte de sage du quartier, qui nous rappelle Justin, le
« législateur bénévole » de La belle amour humaine, celui qui garde
l’entrée d’Anse-à-Fôleur et accueille les visiteurs. Man Jeanne, le seul
personnage à avoir vécu l’occupation de 1915, la « première Occupation »,
situe le déclin du pays entre la première occupation et l’occupation actuelle
par les employés militaires et civiles des ONG et des institutions
internationales. Le narrateur, proche de Man Jeanne, consigne dans son journal
la colère de la vieille dame contre les occupants d’hier et d’aujourd’hui.
Faut-il garder cet enfant? de Frantz Jean Baptiste
Par Mario Malivert
Dans
son troisième livre à date, Faut-il
garder cet enfant?, Frantz Jean Baptiste revient au roman d’essai pour
aborder l’épineuse question de l’interruption volontaire de grossesse (IVG),
tout en cadrant ses arguments contradictoires dans les trames d’une narration. L’auteur
qui vit actuellement dans le Massachusetts tente avec ce livre d’enrichir la
conversation autour de l’avortement, l’un des critères définissant les deux
principaux partis politiques aux Etats-Unis. En effet, la majorité des membres
du parti démocrate adoptent la tendance pro-choix, c’est-à-dire droit de la
femme à décider de continuer ou non la grossesse ; tandis que du côté républicain,
prédomine la tendance pro-vie, c’est-à-dire droit à la vie du fœtus. Cette
question, bien que tranchée par la décision Roe v. Wade de la Cour Suprême
américaine en 1973, en faveur de la tendance pro-choix, fait encore l’objet de
débats houleux aux Etats Unis.
En
Haïti, l’IVG fait l’objet de moins de débats. On dirait un sujet tabou, bien
que l’article 262 du code pénal de 1835 punisse de « réclusion criminelle
à perpétuité la femme qui avorte et tous ceux et toutes celles, intermédiaires,
pharmaciens, médecins participant au processus. »[i]
Depuis 2013, selon plusieurs articles d’AlterPresse, un mouvement amorcé par
les associations de femmes haïtiennes et encadré par certains ministères du
gouvernement, a relancé les discussions sur l’IVG, dans le but de moderniser
l’article 262 du code pénal et de l’adapter aux exigences actuelles. Le livre
de Frantz Jean Baptiste vient apporter de l’eau au moulin des différentes
parties engagées dans ces discussions.
La Marche des Noyés de Lyonel Vilfort
Publié dans Le Nouvelliste du 29 janvier 2016
La Marche des Noyés est un chant long et languissant, avec des accords aussi nationaux qu’universels, qui chante l’âme du poète à travers ses pérégrinations. Les thèmes abordés varient au gré de l’inspiration du poète, avec en certains endroits des points de repère spécifiques, comme dans ce poème à la page 39, qui débute en ces termes :
« Mes frères.
Ceux qui n’ont pas eu le temps de sarcler leur dernière moisson d’éclairs dans les grandes plantations de canne-à-sucre en république d’amertume. »
Dans ce texte le poète délaisse un peu son style alambiqué pour chanter en des termes concrets les affres de ses frères de Chicago, de Little Haiti, ou de Trou-Foban.
Dans
La Marche des Noyés, Lyonel Vilfort nous offre 250 pages de textes poétiques,
un exploit pour un livre de poèmes, qui d’habitude chez nous dépasse rarement
une centaine de pages. Le livre contient 13 chapitres où se suivent pêle-mêle
des textes et des poèmes.
Lyonel
Vilfort déploie sa verve dans une avalanche de mots, d’images, de symboles, et
de figures de style, dont le flot démontre la passion du poète pour les mots
qui illuminent les pages, les mots qui peuplent les plus beaux poèmes du monde,
les mots qui ont bercé l’âme de Ronsard, de Roussan Camille, ou de Pablo Neruda.
La Marche des Noyés est un chant long et languissant, avec des accords aussi nationaux qu’universels, qui chante l’âme du poète à travers ses pérégrinations. Les thèmes abordés varient au gré de l’inspiration du poète, avec en certains endroits des points de repère spécifiques, comme dans ce poème à la page 39, qui débute en ces termes :
« Mes frères.
Ceux qui n’ont pas eu le temps de sarcler leur dernière moisson d’éclairs dans les grandes plantations de canne-à-sucre en république d’amertume. »
Dans ce texte le poète délaisse un peu son style alambiqué pour chanter en des termes concrets les affres de ses frères de Chicago, de Little Haiti, ou de Trou-Foban.
Sérant et sa guerre de cerfs-volants
Par Mario Malivert
Paru dans Ticket Magazine (Le Nouvelliste) du 10 decembre 2015
Paru dans Ticket Magazine (Le Nouvelliste) du 10 decembre 2015
Le quatrième roman jeunesse de
Claude Bernard Sérant, La guerre des cerfs-volants, nous transporte dans un
passé pas trop lointain, quand les cerfs-volants dansaient sous les ailes du
vent tempétueux de la période de Carême. Mais loin de s’engager dans un
passe-temps paisible, les cerfs-volistes se livraient souvent à une guerre sans
merci pour maintenir le droit de slalomer dans le ciel avec leurs oiseaux de
papier et de plastique.
Toute
bonne histoire recèle souvent un peu de David contre Goliath. Dans La guerre
des cerfs-volants de Claude Bernard Sérant, David prend différents visages,
mais Goliath est le terrible Thompson Thomas, « un adolescent de seize ans
faisant plus vieux que son âge », muni d’un grandou féroce, et dont « la colère déferle dans le ciel, sans
bornes et violente ». L’enjeu est économique : Thompson se venge de
la mauvaise vente de ses cerfs-volants.
En
face du méchant Thompson, se dresse une clique de freluquets: Marc-Aurèle,
« un petit garçon au visage de pleine lune » ; Blockzo,
« maigre, les yeux grands, le visage étroit » ; Elie, le
concurrent de Thompson, avec son propre négoce de cerfs-volants ; Etienne,
dont le cerf-volant en forme d’étoile à cinq branches porte un billet doux à
Julie, la fille la plus belle du quartier ; Lubin ; Ernest ; et
Babou, « un petit garçon de dix ans aux yeux pétillant de malice. »
N’oublions pas les filles : Marguerite avec son cerf-volant en forme d’étoiles
à six-branches et Sylvie, dont le cerf-volant prend la forme « [d’]
un magnifique papillon aux ailes fragiles mouchetées d’argent».
Ronald Mevs: Mutations
Par Mario Malivert
Paru dans le Nouvelliste du 4 decembre 2015
Paru dans le Nouvelliste du 4 decembre 2015
Pour marquer les 40 ans de
carrière de l’artiste Ronald Mevs, Jacinthe Vorbe Zephir et Micheline Vorbe ont
livré à notre délectation un livre somptueux qu’elles veulent à la hauteur de
l’œuvre immense et complexe de Ronald Mevs. Et elles ont réussi leur pari. En
effet, ce livre de 205 pages, en couleur, bilingue (français/anglais), avec du
papier haut de gamme, des textes soigneusement sélectionnés, et des photos des
œuvres de l’artiste, est un vrai régal pour les yeux, pour les sens, et même
pour les doigts. C’est définitivement un document de référence, à conserver
jalousement dans sa bibliothèque.
Ronald Mevs : Mutations s’ouvre sur une
compilation d’articles à propos de Ronald Mevs, et finit avec un
échantillonnage des œuvres de l’artiste : tableaux, dessins, sculptures,
totems, boucliers, scarabées, tables, portes, pirogues, etc. Plusieurs courants
thématiques traversent les articles, certains à répétitions. L’accent est mis non
seulement sur la dimension humaine de Mevs, sur le côté intime, poétique de
l’artiste ; mais aussi sur la technique, la praxis. Certains de ces
auteurs ont côtoyé l’artiste au fil des ans, ou même entretenu avec lui une
amitié de longue date, ce qui nous donne l’impression, en tant que lecteurs, de
nous immiscer dans des confidences. Ainsi, avant même d’arriver à la deuxième
partie du livre, on se sent préparé, avisé, comme quand on rentre dans la
chambre à coucher d’un ami. D’autres montrent le détachement du critique d’art,
de l’historien, s’attardant sur l’œuvre dans ses dimensions pratiques et ses
particularités méthodologiques.
Atelier de poésie & PweziFesta
Depuis
tantôt cinq mois, presque chaque samedi, dans une petite salle située derrière
la chaire de la Première Eglise Baptiste de Pernier, je réunis avec cinq
jeunes: Sulphise Alexis, Karlens Henri, Josué Saint Louis, Elina Jean-Baptiste,
et Réveil Enol, pour parler de poésie et de littérature, pour commenter et
savourer des poèmes célèbres, et pour corriger des poèmes qu’ils ont soumis
dans le cadre de l’atelier, dans une ambiance féerique de mots, de rimes, de
vers, de métaphores, et d’images, où l’air se dégage de tout ce qui est plat et
hideux, pour épouser une transcendance dont seule détient le secret la symbiose
d’âmes trempées dans la mouvance poétique.
L’un
des aboutissants de cet atelier de poésie est un récital de poèmes,
de slams, et de chants, intitulé PweziFesta, que tiendra Ex-libris Altruisme Club (ELAC), le samedi 12 décembre de 4:00 PM à 8:00 PM, à la Première Eglise Baptiste de Pernier. En première
partie, de 4:00 à 6:00 PM, je signerai mes deux derniers recueils
de poèmes : La tête chauve des mornes et De la mort à la vie. En deuxième
partie, 6PM - 8PM, ce sera le récital proprement dit. En plus des poètes de l’atelier, d’autres
poètes/slameurs, tels que Jean Renald Henri, James Maxi, Junior Amazan, et John
Slether Exavier déclameront aussi des textes. Des chanteurs et musiciens, tel
que John Kenly Fortuné, seront aussi de la partie.
Mario
Malivert
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